Une vie de moche

Guylaine a la particularité d’être née moche. Elle adapte ses comportements pour trouver des moyens d’échapper à cette malédiction et s’arranger avec la réalité. Avec le temps, les disgrâces s’atténuent. Ce récit résolument féministe prône l’acceptation de soi.

Merci à Babelio et aux éditions Marabulles pour leur confiance.

Guylaine est fille unique et a grandi le plus normalement du monde auprès de parents aimants; jusqu’au jour où des enfants refusent de jouer avec elle car il la trouvent moche. Cette remarque qui peut sembler anodine va impacter tout le reste de sa vie.

Si Guylaine m’a fait de la peine au début, sa manie de sans cesse se plaindre et d’être uniquement focalisée sur son apparence m’a agacée. Certes, sa manière d’agir et de penser sont très réalistes (je pense qu’on a déjà croisé des gens aussi défaitistes qu’elle, ou qu’on l’a peut-être été soi-même) mais on arrive souvent à se trouver d’autres qualités pour compenser : un bon caractère, des facultés mentales, des talents, etc. Guylaine est véritablement obsessionnelle, tout le temps, et c’est insupportable. Sans compter qu’elle n’est pas tendre non plus dans sa façon de juger les gens.

Au travers de son récit de vie, on réalise (si on ne le sait pas déjà) que la beauté est au centre des préoccupations de tous. On nous impose la beauté tout le temps : dans la pub, dans la mode, etc. Penser qu’elle nous fait défaut peut nous fragiliser, penser qu’elle est surfaite nous met en marge. De ce point de vue, cette bande dessinée donne beaucoup de matière à réfléchir. C’est cette approche philosophique qui m’a motivée à poursuivre ma lecture.

Je trouve que dans un roman graphique traitant de la beauté, le dessin est primordial. J’ai beaucoup aimé le fait que les traits soient très abstraits, sous-entendant qu’il n’y a pas de critères précis pour définir la beauté. Ce qui est effarant, c’est que même si le corps et le visage de Guylaine ne sont pas ceux d’un mannequin, elle est cependant loin d’être moche. Force est de constater que cette oeuvre ne traite finalement pas de la beauté ou de la mocheté mais de l’acceptation de soi.

Pour résumer, j’ai trouvé ma lecture plutôt intéressante. Le parcours de Guylaine et ce manque de confiance qui l’aura poursuit pendant plusieurs décennies font l’effet d’une gifle.

Note :


Scénario : François Bégaudeau
Dessins : Cécile Guillard
Éditeur : Marabout (collection Marabulles)
Date de parution : 18 septembre 2019
Genre / thématiques : roman graphique
Nombre de pages : 200
ISBN : 9782501122429

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