Show stopper – Hayley Barker

Londres,2045. La société est divisée en deux catégories. Les Bâtards sont réduits à l’état d’esclaves, leur vie n’a aucune valeur. Les Purs représentent les privilégiés qui ont accès aux soins et aux emplois nobles. Le Cirque de l’horreur est leur divertissement préféré. Ils attendent le clou du spectacle : l’accident mortel qui leur procurera le grand frisson. Ben, fils de ministre, assiste à sa première représentation et tombe sous le charme d’Hoshiko, la funambule star du spectacle. Mais derrière l’éblouissement et le faste de l’arène, il découvre l’horreur. Trouvera-t-il le courage de résister pour mettre fin au carnage ?

J’ai adoré le décor dans lequel est plantée cette histoire. Le cirque est à la fois un lieu magique et mystérieux où faire le spectacle est primordial. Y créer une romance façon Roméo et Juliette, entre deux personnages de rangs opposés était une idée qui me plaisait. Malheureusement, je ne me suis pas attachée aux protagonistes, faute d‘une personnalité peu travaillée. Le personnage que j’ai trouvé le plus intéressant est Silvio, ce monsieur Loyal cruel qui n’a pour seule ambition que d’être bien vu par les Purs. J’appréciais Hoshiko avant qu’elle soit victime de ce coup de foudre pour Ben qui m’a semblé mal amené et en totale contradiction avec son caractère sauvage et sa haine viscérale pour les Purs. Tout est trop manichéen : les personnages sont soient gentils, soient cruels; il n’y a pas de demi mesure.

L’écriture est fluide, parfois même trop. Il se produit; à mon sens, trop d’événements en 500 pages. Si les premières fois, on prend peur pour Hoshiko et ses camarades de cirque, on finit par se lasser de ces fausses mises en danger. La violence de certains passages passe inaperçue noyée entre deux chapitres, qui sont eux-mêmes très courts. On ne s’attarde pas assez sur les pensées des personnages, sur leurs émotions profondes et même sur leur passé; encore une fois, le seul dont on connaisse en partie l’histoire, c’est Silvio. J’aurais aimé être plus chamboulée, qu’il y ait plus de suspense, de retournements de situation. Ceci est probablement dû aussi à des incohérences scénaristiques. Par exemple, Ben se révolte contre la condition des Bâtards seulement depuis le spectacle de cirque alors qu’il est pris de sympathie pour une domestique de ses parents depuis des années.

« Dans la voiture qui nous ramène à la maison, mes parents, horrifiés, m’accablent. Je les écoute à peine car je suis toujours obnubilé par l’expression de la funambule au moment où elle m’a fixé.
Une flèche empoisonnée qui est allée droit au but. »

La fin est amenée en douceur, sans ultime révélation ou surprise, à tel point que, comme beaucoup de lecteurs, j’ai cru que ce livre était un one-shot. Pourtant non, il y aura au moins un deuxième tome. Je doute de le lire car, même si on constate finalement que l’autrice avait bien assimilé tous les codes qui font une bonne dystopie (société de castes, héros révoltés, violence gratuite…) Show Stopper ne réussit pas à tirer son épingle du jeu malgré l’univers du cirque qui était vraiment parfait pour cette ambiance sinistre. Je resterai malgré tout attentive aux prochaines parutions de Hayley Barker car ce n’est que son premier roman et je suis convaincue qu’elle parviendra à apposer sa marque dans les années à venir.

Note :


Auteur : Hayley Barker
Éditeur : Bayard
Format : broché
Date de parution : 20 novembre 2019
Genre / thématique(s) : dystopie, romance
Nombre de pages : 450
Tranche d’âge : à partir de 15 ans
ISBN : 9782747091329

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