Guinevere, la dame blanche – Jean-Louis FETJAINE

Lorsqu’Arthur épouse Guinevere de Carmelide, le royaume de Camelot semble retrouver un peu de l’éclat ancien, du temps de l’alliance entre les elfes et les hommes. Merlin met cependant le roi en garde : la beauté et l’apparente fragilité de la jeune reine cachent une nature bien plus effrayante, dont son nom véritable, Gwenwyffar, « Blanc Fantôme » est le sombre présage. Alors que des armées de monstres, qu’on croyait vaincues à jamais, se répandent de nouveau sur les terres des hommes, Camelot s’enfonce peu à peu dans la guerre, les complots et les trahisons. Et chaque fois, Guinevere est au centre des intrigues. Entre la Dma blanche et le roi Arthur, un combat s’engage pour la survie du royaume.

Il est rare que Guinevere / Guenièvre soit mise au centre des histoires sur la légende du Graal et le roi Arthur. Ce roman propose une adaptation inédite, très sombre et assumée. Si vous êtes adeptes de récits de chevalerie, avec des démonstrations de noblesse, de prestance et de courage, ce roman n’est clairement pas le bon. Jean-Louis Fetjaine nous dépeint une cité de Camelot terne avec un château sombre et froid. Son dirigeant, le roi Arthur, traîne sa mélancolie en permanence et combat rarement avec ses chevaliers qui doivent repousser du mieux possible des hordes de démons. L’ambiance est morne et dérangeante. L’arrivée de la douce Guinevere ne peut donc que redonner vie à ce royaume en déclin, mais hélas, c’est tout le contraire… Dès le prologue, il est annoncé que cette histoire sera celle d’un déclin.

« – Oh Gwenwyffar, ma blanche dame… Tu ne devras qu’exister, pareille à la lune, luminescente et pâle, comme un astre inaccessible vers lequel ils tendront leurs bras, leur bouche, leur queue, emplissant leurs nuits de rêves enfiévrés, attisant le désir et l’envie… Tu te donneras à certains, tu te refuseras à d’autres et bientôt le royaume tout entier ne vivra plus que pour l’un de tes sourires. »

Dans ce roman, les femmes apparaissent toutes comme des séductrices diaboliques apparentées aux démons. Les seules qui aient une bonne âme sont des Elfes. Les femmes apportent la trahison, les guerres et la mort (d’où le surnom de « Dame blanche » associé à Guinevere). D’un autre côté, les hommes ne sont que des pantins, faibles et manipulés… Il existe néanmoins quelques individus qui demeurent dignes et présentent quelques belles valeurs : Gauvain, Kai et Bohort (fans de « Kaamelott », n’écarquillez pas les yeux ainsi !). Tout n’est que stratégies et plans machiavéliques. Les scènes de batailles sont peu nombreuses mais très prenantes; il y a notamment un duel qui m’a donné la chair de poule ! Enfin, la dimension fantastique est subtile, moins présente que ce que laisse présager le quatrième de couverture; personnellement, ça me convient bien.

Malgré l’ambiance sinistre, le roman se lit vite grâce à une écriture fluide, un contexte bien maîtrisé. La quantité de personnages listée au début risque de faire peur aux néophytes mais les connaisseurs seront ravis de constater que la plupart des membres de la légende arthurienne sont présents même pour une apparition succincte.

C’est la première fois que je lisais un ouvrage de Jean-Louis Fetjaine que je sais spécialiste d’Histoire médiévale et de fantasy, et le bilan est plutôt positif. Même si je préfère l’image du preux chevalier, l’interprétation de l’auteur est très intéressante.

Note :


Auteur : Jean-Louis Fetjaine
Éditeur : Fleuve
Date de parution : 13 février 2014
Format : broché
Genre / thématique(s) : fantasy
Nombre de pages : 356
ISBN : 9782265097452

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