Je ne voulais pas vous faire pleurer – Charlotte MONNIER

Julie-Anne a 15 ans quand ses parents la déposent dans un hôpital psychiatrique pour adolescents. Anorexique, son poids est trop faible pour qu’elle puisse mener l’existence d’une jeune fille de son âge dans le monde extérieur. Elle doit prendre 7 kilos pour pouvoir sortir de l’hôpital et surtout, retrouver sa famille.
Commence alors pour elle un long parcours, « enfermée » dans cette unité d’hôpital psychiatrique pour adolescents. Il va falloir s’y faire et malgré tout, s’y amuser. Mais elle va surtout y trouver un tout nouveau sens à sa vie grâce à des rencontres, les échanges avec sa meilleure amie, et… une passion inattendue.

J’apprécie les romans qui abordent le sujet de la maladie car ils sont généralement chargés en émotions. Je n’en ai, hélas pas trouvé dans ce livre très court. On peut déceler une forme de déni chez l’héroïne dans les premières pages mais c’est la seule chose qui nous sera permis de partager avec elle. Julie-Anne est beaucoup dans la description et l’analyse; j’ai fini par ne plus la trouver crédible car elle ne paraît pas éprouver la moindre détresse émotionnelle.

Ce défaut dans l’écriture est amplifié par deux ellipses aberrantes. Pourquoi ? Parce qu’elles éludent deux périodes qui, à mon sens, sont essentielles : 1/ le rapprochement avec Kevin (car oui, dans un roman de 150 pages, il fallait quand même nous pondre une romance…); 2/ la renaissance. Je suis obligée de spoiler une partie du livre pour pouvoir m’expliquer. Les soignants déclarent à Julie-Anne qu’elle devra prendre au moins 7 kilogrammes pour espérer quitter l’hôpital. Les quatre premiers semblent avoir été gagnés sans énorme motivation; l’héroïne prend du poids juste pour ne pas être surveillée alors que ces chiffres en plus sur la balance l’angoissent énormément. Peut-être l’apaisement et le retour à la vie vont-ils venir par la suite ? Aucune idée car il y a un saut le temps de « Cinq semaines et trois kilos plus tard… ». Je terminerai sur l’écriture en soulignant une certaine forme de naïveté, une tendance à enfoncer les portes ouvertes, du genre « l’amour c’est bien mais ça fait mal ». Cela peut peut-être avoir du sens pour de très jeunes adolescents mais les autres lecteurs risquent d’en être lassés.

«  »Tomber amoureuse ».
C’est tout de même étrange comme expression, mais maintenant que je pensais l’avoir vécu, je crois que je la comprenais. En fait, ça n’a rien de si follement agréable d’être amoureuse. Ça fait mal aussi. Ça rend triste, vulnérable, impuissant. »

Les personnages secondaires, encore moins travaillés que l’adolescente, ne sont malheureusement pas plus attachants. Les seuls chez qui j’ai cru déceler un semblant de personnalité approfondie sont les aides-soignants.

J’aurais vraiment aimé accompagner l’héroïne dans son processus de guérison mais le sujet est complètement survolé. Les choix narratifs m’ont laissée perplexe et m’ont privé de toute émotion durant ma lecture… Ce livre n’était clairement pas pour moi; ou bien c’est le sujet qui ne me réussit pas car, dans la même lignée, j’avais été déçue par Les cœurs aimants d’Anne Plichota et Cendrine Wolf.

Note :


Auteur : Charlotte Monnier
Éditeur : Slalom
Format : broché
Date de parution : 16 janvier 2020
Genre / thématique(s) : adolescence, maladie
Tranche d’âge : à partir de 12 ans
Nombre de pages : 144
ISBN : 9782375542323

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