Les filles montent pas si haut d’habitude – Alice BUTAUD

Timoti porte un nom de shampooing, écrit des poèmes et vit seul avec son père qui ne répond jamais à ses questions. Jusqu’à ce matin d’été où une fille drôlement espiègle surgit à sa fenêtre. Dragon de l’enfer! Mais qui est cette inconnue qui aime monter aux arbres et qui lui donne rendez-vous à minuit?

Je trouve cette couverture très rigolote. Avant même de rentrer dans l’histoire, le ton est donné : le petit garçon, discret et un peu matérialiste est embarqué dans une drôle d’aventure avec une jeune aventurière intrépide, sosie de Fifi Brindacier. C’est la ligne directrice de l’histoire, tout simplement. Il y a quelques autres illustrations au milieu du livre qui sont tout aussi mignonnes.

Timoti est un héros très touchant. Calme, un peu fragile et stressé, on sent qu’il n’a besoin que d’un petit coup de pouce pour grandir apaisé; et ce coup de pouce, c’est évidemment Diane, sa nouvelle amie, qui va lui donner. Ces deux protagonistes que tout oppose créent pourtant un lien très rapidement, au point que lorsque la demoiselle proposent de faire un voyage dont elle ne donne pas la destination, Timoti accepte.

« Diane, tu préfèrerais être très belle ou très intelligente ?
– Je le suis déjà, banane ! dit-elle en l’éclaboussant. Allez, viens, elle est trop bonne !
– Diane, pourquoi tu ne portes pas de chaussures ?
– Je ne supporte pas les chaussettes, dit-elle en plongeant la tête sous l’eau.
– D’accord, mais des chaussures ? demande-t-il quand elle réapparaît.
– Je ne supporte pas les chaussures sans chaussettes. Bon, tu viens ?
– Non merci. »

L’écriture du roman est assez singulière. Il y énormément de dialogues typiques de l’enfance, c’est-à-dire tantôt loufoques tantôt très pertinents. Ces deux héros se posent beaucoup de questions sur le monde, sur les mots des grands, etc. Ces échanges au départ touchants m’ont ensuite paru lourds dans leur dimension absurde. Leur poésie finit par paraître surjouée; il m’a manqué parfois un peu plus de simplicité. Je m’apprêtais à conseiller ce livre à partir de 8 ans, mais après cette lecture, je ne le trouve pas si abordable que ça avec toutes ces métaphores et autres figures de style.

Paradoxalement, l’histoire est en fin de compte ultra simple, voire même trop. Sans éviter de tout vous dévoiler, l’envie d’escapade de Diane n’est pas anodine. Elle soulève quelque chose de fort qui est pourtant résolu avec facilité. Ce thème sérieux ne me semble pas compatible avec la légèreté ambiante du roman.

Ces deux voyageurs auraient mérité de vivre une aventure aussi folle que leurs échanges, mais ce n’est malheureusement pas le cas. C’est dommage car ils demeurent des personnages drôles et extrêmement attachants.

Note :


Auteur : Alice Butaud
Illustrateur : François Ravard
Editeur : Gallimard jeunesse
Format : semi poche broché
Date de parution : 20 mai 2021
Genre : vie quotidienne
Nombre de pages : 176
Tranche d’âge : à partir de 9/10 ans
EAN : 9782075145817

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