Les filles de la chance – Charlotte Nicole DAVIS

Entre western et récit féministe, un roman porté par des héroïnes bouleversantes.

A Arketta, on les appelle les filles de la chance. Leur « chance », c’est d’avoir été vendues, enfants, à la maison d’hospitalité. On les reconnaît à la faveur qu’elles portent sur le cou : cette fleur ensorcelée gravée dans leur chair les privant de toute liberté. Les privant de leur innocence le jour de leur seizième anniversaire.
Lorsque l’une d’entre elles tue accidentellement un homme, signant leur perte à toutes, les jeunes filles n’ont d’autre choix que de fuir. Pour survivre, il leur faudra bien plus que de la chance…

Depuis le fabuleux Sans foi ni loi de Marion Brunet, je suis irrémédiablement attirée par les histoires qui conjuguent western et protagonistes féminins.

Ce roman est le récit d’une fuite, d’une course poursuite entre un groupe de jeunes filles luttant pour leur survie et ceux qui veulent qu’elles paient pour leurs méfaits. Les péripéties s’enchaînent bien, il y a du rythme ainsi qu’un bon suspense car les héroïnes n’étant pas des expertes en cavale, impossible pour elles d’anticiper ce qui les attend. Les descriptions sont simples et efficaces : le cadre est bien dessiné et on passe aisément des décors désertiques aux villes malfamées. La dimension fantastique s’incruste parfaitement dans cet univers et ne fait qu’accroître le nombre de dangers potentiels.

Là où je suis plus sceptique, c’est sur les personnages. Parmi les cinq filles, seules deux, voire trois, sont véritablement mises en avant : Aster car le récit est raconté de son point de vue, Violette la fausse méchante à la personnalité ultra fouillée et Clémence qui est au centre du prologue mais en retrait par la suite. J’ai eu le sentiment que les deux dernières n’étaient là que pour introduire l’élément LGBT du roman (qui est visiblement devenu obligatoire dans tous les écrits depuis quelques années). Attention je ne dis pas que je suis contre, mais seulement que quand c’est relayé au rang d’anecdote, je ne trouve pas cela pertinent.

« Ce doit être épuisant, de n’arriver à voir que le pire en toutes choses. »


Aster est beaucoup trop moralisatrice et passe son temps à surprotéger sa sœur; j’ai été agacée par cette constance et je pense que la forme du roman choral aurait eu tout à fait sa place ici : l’aînée aurait été moins omniprésente et la personnalité de ces compagnes plus exposée.

La fin est assez surprenante dans le sens positif du terme. Elle est loin d’être convenue et sa forme ouverte donne des envies viscérales d’en savoir plus. Néanmoins, l’histoire s’arrête au bon moment en ayant répondu aux grandes questions qu’elle avait soulevées. Ce fut une chouette découverte qui m’a donné des envies de liberté et de grands espaces.

Note :


Auteur : Charlotte Nicole Davis
Editeur : Albin Michel
Format : grand format broché
Date de parution : 9 juin 2021
Genre / thématique(s) : aventure, western, fantastique
Tranche d’âge : à partir de 14 ans
Nombre de pages : 444
EAN : 9782226435071

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