La carte des confins – Marie REPPELIN

Et si le plus terrible des pirates était une femme ?
Callie, une voleuse hors pair, est parvenue à s’emparer d’un compas marin enchanté. L’instrument permettrait de trouver la mystérieuse Carte des Confins, un monde au-delà du nôtre dont personne n’est jamais revenu.
Explorer les Confins, c’est la certitude d’entrer dans la légende et le désir le plus cher de Blake Jackson, jeune capitaine de L’Avalon, le bateau pirate le plus redouté des mers. Prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, Blake va convaincre Callie de l’aider dans sa quête.
Devenus compagnons de route, le pirate et la voleuse s’apprivoisent et se dévoilent peu à peu. Mais le lourd secret que cache Callie pourrait bien ruiner leur seul espoir de mettre la main sur la fameuse Carte… et bouleverser à jamais leur existence.

Ce qui m’a le plus dérangée dans cette histoire (car autant vous le dire de suite, mon avis sera négatif), c’est que le résumé fait beaucoup de promesses qui sont rarement tenues.

Premièrement, où est la piraterie ? J’avais lu plusieurs chroniques qui avaient mentionné ce défaut et je ne peux que l’appuyer. L’œuvre aurait mérité un plus grand travail de recherches en amont, histoire que les activités des marins ne se résument pas à laver le pont, nouer des cordes et faire l’amour avec uniquement des serveuses une fois à quai. Ils mangent de la viande (paradoxal au milieu de l’océan) et l’hygiène n’est pas un problème puisqu’il y a une baignoire sur le navire pirate. C’est une accumulation de facilités qui gâchent l’immersion. Je n’ai jamais eu la sensation d’être en compagnie de pirates. De plus, Blake Jackson est décrit comme un corsaire sanguinaire redouté de tous; on se demande bien pourquoi. Des synonymes de rebelle ou ténébreux sont constamment employés mais rien dans le récit ne les justifie. Parmi les deux abordages auxquels on assiste, l’un est victime d’une ellipse et l’autre doit faire une page et demi maximum. L’équipage est souvent assimilé à sa famille, il n’est ni impulsif, ni colérique… C’est un très bon meneur d’hommes mais en aucun cas un bad boy !

« Bold m’avait prévenu. J’ai ordonné aux hommes de te laisser tranquille, mais il était sûr que ça ne suffirait pas. Selon lui, tu es trop jeune et trop jolie pour que mon ordre soit respecté. »

Qui a-t-il donc dans ce livre s’il n’y a pas de piraterie ? De la romance; et ceux qui aiment ça seront été plus que comblés. Je trouve pourtant qu’elle manque cruellement de subtilité. Ce qui me plaît dans les histoires d’amour, ce sont les rapprochements mais aussi les absences qui engendrent une frustration : quand assisterons-nous à la prochaine rencontre entre les deux âmes ? Ici, le problème est que dans les 61 chapitres qui composent le roman, soit Blake et Callie sont ensemble, soit ils pensent l’un à l’autre. Il n’y a pas la moindre pause ! Pour moi, ça a été une overdose; trop de lourdeurs, trop de mièvreries (stop aux histoires d’amour complexes alors qu’on nous annonce la couleur dès les vingt premières lignes) et malheureusement, ça ne m’a fait vibrer à aucun moment. De plus, Blake et Callie et même d’autres personnages sont totalement interchangeables : ils réfléchissent de la même façon, ont tous le même langage chargé de cynisme. En revanche, Blake peut se vanter d’être le seul à avoir des réflexions graveleuses et misogynes (et c’est sensé nous faire fantasmer ?).

« D’ici quelques minutes, toute la ville saura que des pirates ont accosté et les lumières seront baissées tandis que les hommes enfermeront leurs femmes et leurs filles. Pas toutes j’espère. Callie a remis la robe qu’elle portait lorsque nous nous sommes rencontrés. Après des jours à la voir habillée d’un pantalon et d’une chemise trop grands pour elle, j’avais oublié comment elle était… en fille. »

La construction du roman, avec ses chapitres très courts, a le mérite d’être judicieuse (oui, je n’ai pas trouvé que des défauts à ce livre). C’est ce qui m’a aidée à avoir un bon rythme de lecture et à le lire vite malgré ses travers. Je ne peux hélas pas mettre en avant le suspense car il est sans cesse tué dans l’œuf (par exemple, Callie cache un secret sur ses origines et Blake le devine des siècles avant qu’elle le révèle officiellement) et le cliffhanger a été vu/lu des tonnes de fois pour être surprenant.

En clair, ce roman n’était clairement pas pour moi. J’aspire à plus de profondeur dans les péripéties et la personnalité des héros et plus de maîtrise dans la construction de l’univers.

Note :


Auteur : Marie Reppelin
Editeur : Pocket Jeunesse
Format : Grand format broché
Date de parution : 6 mai 2021
Genre / thématique(s) : romance
Tranche d’âge : à partir de 15 ans
Nombre de pages : 456
EAN : 9782266310666

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