Le réseau phénix – Peggy Boudeville

Amiens, novembre 1941. Quelques mois après les bombardements qui ont dévasté la ville, la vie de ses habitants a bien changé sous l’occupation allemande : le rationnement et le couvre-feu sont à l’ordre du jour, ainsi que des conditions parfois déplorables de relogement. Cécile et Solange, deux copines inséparables; l’apprenti horloger Paul; le garagiste Jean; Alcide, le fils du baron de l’Estoc : tous sont impactés par ses événements dramatiques. Mais sont-ils prêts à accepter des conditions de vie de plus en plus déplorables ? Ou vont-ils suivre l’impétueux Charles ?
Amien, juin 2019. Elliot, un étudiant en droit qui vit avec sa jeune soeur Mona, vdécouvre dans la soupente de leur mezzanine une étrange mallette contenant des vieilles cartes et des tracts jaunis. Ils partent ainsi sur la trace d’un ancien réseau de résistants au nazisme. Elliot et Mona arriveront-ils à reconstruire l’histoire de ce mystérieux réseau phénix ?

Merci aux éditions Fleurus pour leur confiance.

Je trouve que ce roman se démarque de ceux que j’ai pu lire sur les deux guerres mondiales en jeunesse. Tout d’abord, Peggy Boudeville semble bien connaître la ville d’Amiens et ce qu’elle a subi durant cette période. Le récit est riche d’informations, de descriptions minutieuses des rues, des quartiers, des bâtiments… L’immersion dans les paysages de la Somme se fait ainsi facilement et ce, dès les premières pages. Je trouve qu’un travail de recherches fait en amont est toujours payant même dans une fiction car cela donne un vrai caractère à l’histoire; c’est ce qu’il se passe ici. Peggy Boudeville cite ses sources en fin de livres et explique où elle a pris des libertés par rapport à l’Histoire. Du coup, on se divertit et on apprend par la même occasion. C’est chouette, non ?

Ensuite, elle a échappé à cette tendance d’édulcorer les atrocités de la guerre sous prétexte qu’on s’adresse à la jeunesse. Je reste convaincue que le jeune public qui s’intéresse à cette époque historique est en quête de vérité. Me retrouver face à histoire de « guéguerre » pas bien méchante me dérange car j’ai le sentiment que d’une certaine façon, on me ment. Pourquoi prendre comme cadre l’Occupation allemande si c’est pour faire l’impasse sur les restrictions, la propagande, la déportation, etc ? Autant inventer une guerre de toute pièce.
Ici, malgré le fait qu’ils aient tout en main pour réussir, les héros sont malmenés, frappés de plein fouet par une réalité immonde qu’il est nécessaire de ne pas occulter. Oui c’est un roman dur, oui c’est un roman qui déchire le cœur, mais c’est un roman vrai.

« Tous les samedis donc, Solange et Cécile se retrouvaient chez Paul dans la matinée avec leur maigre butin de la semaine : œufs, lait, farine et parfois de la confiture voire du chocolat. Elles puisaient alors dans la réserve de sucre du jeune homme et Cécile se lançait dans la confection d’un gâteau, cuit dans le fourneau partagé de la cuisine en bas de son immeuble. Une délicieuse odeur flattaient les narines de Paul lorsqu’il rentrait du chantier le midi, et la parenthèse s’ouvrait. Parenthèses de joie, de rires et de pas de danse improvisés. »

L’émotion ne serait pas au rendez-vous si les héros n’étaient pas attachants. Si ma préférence va à la douce Cécile et Paul, les autres membres de la bande sont profonds et solidaires et chacun apporte sa pierre à l’édifice dans les actes de résistance. Ils nous touchent encore plus quand on sait que certains d’entre eux ont réellement existé, comme l’autrice l’explique à la fin. J’avais peur que les retours au présent avec Elliot et sa sœur gâchent un peu l’ensemble, mais ils sont finalement peu nombreux et ne servent qu’à mettre d’avantage en lumière les agissements de leurs ancêtres dans ce quotidien difficile. J’ai tout de même envie de mettre le doigt sur la déconcertante facilité avec laquelle Eliot et Mona dénouent tous les éléments de leur enquête; un peu plus de suspense et de complexité auraient été les bienvenus.

Il n’en reste pas moins que c’est une lecture qui m’a bouleversée. Elle m’a trotté encore longtemps dans la tête après l’avoir refermée. Je maintiens que c’est un livre à mettre entre les mains des adolescents intéressés par la guerre mais aussi entre celles de ceux qui aiment les portraits de personnages admirables. Merci à Peggy Boudeville et à Fleurus pour cette belle expérience.

Note :


Auteur : Peggy Boudeville
Editeur : Fleurus
Format : grand format broché
Date de parution : 10 septembre 2021
Genre / thématique(s) : historique
Nombre de pages : 256
Tranche d’âge : à partir de 12-13 ans
EAN : 9782215176930

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