La commode aux tiroirs de couleurs (BD)

À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.
D’après le brillant premier roman d’Olivia Ruiz, cet album porte une fresque flamboyante sur l’exil qui a déjà conquis des centaines de milliers de lecteurs.

Lorsqu’on me parle d’Espagne franquiste, je ne peux pas m’empêcher de penser au sublissime roman Hôtel Castellana de Ruta Sepetys, l’un de mes plus gros coups de cœur livresque de ces dernières années. J’étais curieuse de voir cette époque traitée en bande dessinée; le fait que ce soit une adaptation du roman d’Olivia Ruiz qui avait eu très bonne presse a fini de me convaincre.

En ce qui concerne le Franquisme, il n’est pas très développé dans cette histoire : on explique constamment que c’est un régime dictatorial et oppressif qui a engendré une résistance massive mais on en sait peu sur les revendications, que ce soit celle des dirigeants ou des opposants.

Je regrette presque que les trois sœurs aient la même importance quelle que soit la couverture car on suit essentiellement Rita; les deux autres n’ont qu’un rôle mineur dans l’intrigue, même si leur présence renforce la puissance des liens familiaux qui existent entre les femmes de ce récit, dépassant les années et les générations puisque l’intrigue principale est un échange épistolaire entre une grand-mère décédée et sa petite-fille.

C’est une histoire qui donne la part belle aux femmes du Sud, fortes et indépendantes. Néanmoins, les hommes ne sont pas transparents, bien au contraire : souvent les grandes décisions prises par Rita sont des dommages sentimentaux. L’admiration pour cette héroïne grandit au fur et à mesure de l’histoire car son destin a été peuplé d’immenses tragédies. Le message véhiculé par l’œuvre d’Olivia Ruiz et cette adaptation est l’importance de la famille, des racines et de la transmission. La vérité est essentielle pour savoir qui on est.

Même si le plus gros de l’action se passe à la frontière française, les planches transpirent l’Espagne, la chaleur et le dialecte chantant. Il y a plusieurs dialogues en espagnol, les décors sont minutieux et accordent une importance cruciale aux vêtements, accessoires, architecture, etc. De plus, les couleurs très douces ainsi que les visages ronds et harmonieux sont en adéquation avec l’atmosphère très féminine de cette bande dessinée.

En lisant l’édition exclusive, j’ai pu découvrir une interview d’Olivia Ruiz intéressante et pertinente. Elle parle avec aisance de ce qu’elle sait de cette partie de l’Histoire, comment son roman a été reçu dans sa famille, l’importance des valeurs espagnoles dans sa propre histoire, etc.

J’ignore si cette bande dessinée est une bonne adaptation du roman original. Ce que je peux dire c’est que l’histoire m’a passionnée : je n’ai jamais vu les pages défiler. Le dessin est très plaisant et met formidablement en valeur des héroïnes fortes et admirables.

Note :

04

Adaptation scénario : Véronique Grisseaux
Dessins : Amélie Causse
Editeur : Grand Angle (Bamboo), JC Lattès
Date de parution : 3 novembre 2021
Genre : BD adulte, one shot
Nombre de pages : 80
EAN : 9782818992159 (édition limitée) / 9782818986356 (édition simple)

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