Concrete Rose : quand une rose pousse dans le béton – Angie THOMAS

18 ans avant The Hate U Give, retrouvez Maverick. Lycéen. Dealer. Père.

En 1998, dans le quartier noir de Garden Heights. Maverick sèche le lycée, et il a déjà un pied dans les gangs. Malgré la poigne de sa mère qui l’élève seule, il s’apprête à marcher sur les traces de son père, un baron de la drogue en prison.
Tout change lorsqu’il découvre qu’il est père. Le voilà contraint d’élever son bébé, auquel il s’attache, tout en affrontant la colère de sa petite amie Lisa.
Maverick veut être un homme bien ; il veut prouver qu’il peut faire les choses différemment. Mais on ne quitte pas les gangs si facilement.

Ce préquel peut se lire indépendamment de The Hate U Give; moi-même, je ne l’ai pas lu.

J’avais peur de tomber sur une histoire trop mafieuse, trop centrée sur les gangs, mais c’est plutôt au second plan. C’est un roman très humain qui prône avant tout l’esprit de famille.

Maverick est un héros auquel on s’attache très vite; fils d’un chef de gang, il n’a pourtant pas l’air à sa place dans ce milieu : discret, droit, sans attrait pour l’autorité. Je trouve qu’Angie Thomas a parfaitement su retranscrire son ambivalence : Maverick n’est plus un enfant mais pas encore tout à fait un adulte. Il a fait une bêtise qu’il assume immédiatement et pourtant il s’inquiète constamment de la réaction de sa mère. Loin du machisme de ses semblables, c’est un garçon qui n’a pas honte d’être attaché aux gens; c’est le seul adolescent du gang à avoir une relation sérieuse. Cette maturité et ce calme m’ont séduite et émue.
J’ai moins aimé Lisa, sa petite amie, que j’ai trouvée insupportable tant elle le fait tourner en bourrique. Elle reste un personnage bien construit, autant que d’autres personnages secondaires qui nous font réagir à chaque apparition. Les liens entre membres de gangs peuvent être très forts et touchants, en particulier entre membres d’une même famille. Je me suis surprise à être émue par certains dialogues.

« Tout le monde, en mourant, est pleuré par quelqu’un. Même les meurtriers. »

Même si certaines péripéties sont prévisibles, c’est une histoire équilibrée, sans longueurs, où les rebondissements arrivent à point nommé. Maverick est souvent rattrapé par la réalité de la vie dans les ghettos noirs. Qu’est le plus important pour lui : protéger sa nouvelle famille ou son honneur ?

Le vocabulaire et les tournures de phrases sont familières pour renforcer le point de vue interne et s’attacher d’avantage au héros. Cependant, j’ai trouvé que c’était parfois trop, comme dans la l’écriture des dialogues : « Ca va mec ? » il me demande. Cela m’a gênée de ne pas retrouver la forme traditionnelle (me demande-t-il); tous les verbes de paroles sont introduits ainsi. J’ignore si c’est une maladresse originale ou seulement dans la traduction. J’aurais aimé aussi que le décor des années 90 soit mieux représenté (mais c’est mon petit côté nostalgique qui parle).

Je n’en reste pas moins émerveillée par cette lecture vers laquelle je ne me serais pas dirigée en temps normal. Merci beaucoup aux éditions Nathan ! Il ne me reste plus qu’à me procurer The Hate U Give.

Note :

04

Autrice : Angie Thomas
Editeur : Nathan
Format : broché
Date de parution : 6 janvier 2022
Genre / thématique(s) : vie quotidienne, adolescence
Tranche d’âge : à partir de 15 ans
Nombre de pages : 400
EAN : 9782092490716

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