Alma, Livre 1 – Timothée DE FOMBELLE

Le jour où son petit frère disparaît, Alma part sur ses traces, loin de sa famille et de la vallée d’Afrique qui les protégeait du reste du monde. Au même moment, dans le port de Lisbonne, Joseph Mars se glisse clandestinement à bord d’un navire de traite, La Douce Amélie. Il est à la recherche d’un immense trésor. Dans le tourbillon de l’Atlantique, entre l’Afrique, l’Europe et les Caraïbes, leurs quêtes et leurs destins les mènent irrésistiblement l’un vers l’autre.

On me vantait depuis longtemps l’écriture de Timothée de Fombelle; effectivement, j’ai reçu une vraie gifle en lisant ce roman.

C’est une écriture qui prend son temps, qui présente les décors, l’époque, les ambitions des personnages tout en subtilité et en poésie; et de la subtilité, il en faut pour raconter le commerce d’esclaves dans un roman jeunesse.

Je pensais ne suivre que le voyage d’Alma et de Joseph, mentionné dans le résumé, mais il s’avère que les héros du roman sont bien plus nombreux. Nous suivons aussi le père d’Alma, au passé assez sombre, ainsi que sa mère, ses frères, et d’autres personnages rencontrés au cours de leur aventure. Cela rend le récit extrêmement riche, avec des personnages forts et bien travaillés, et des péripéties qui oscillent entre terre et mer. De plus, les motivations des uns et des autres ont beau être différentes, leur principal moteur reste le même : lutter pour rester en vie.

« Adam et Eve ! Sur tous les navires, le jeu sur les noms qu’on invente aux captifs donne toujours une joie rare aux marins. Ils frappent dans leurs mains et se sentent si drôles, si puissants et si savants. Mais, pour Jacques Poussin qui regarde de loin ce spectacle, rien n’est plus terrible que de faire comme si cet homme et cette femme venaient d’être créés. Comme s’ils n’existaient pas avant et qu’ils n’avaient jamais eu de nom, ni de terre. En les appelant Adam et Eve, on fait semblant de leur donner naissance alors qu’on a détruit tout ce qu’ils étaient. »

C’est admirable de voir que l’auteur parvient à introduire un sujet aussi dur que la traite négrière avec poigne et franchise sans non plus tomber dans la description morbide. Les captifs sont enlevés à leur famille, marchandés selon leur ethnie, parqués dans des bateaux que l’on veut remplis au maximum… Les conditions de « vie » des prisonniers ne sont pas passées sous silence et l’auteur insiste beaucoup sur le fait que pour les acteurs de ce marchandage sordide, les droits humains sont bafoués au profit de l’argent. Dans ce contexte, le courage des protagonistes est d’autant plus admirable et leur aventure fascinante.

Il est indispensable aussi de mentionner les fabuleuses illustrations de François Place qui renforcent l’immersion. Ses paysages et ses décors sont à couper le souffle ! On a chaque fois hâte de découvrir la suivante.

C’est un roman puissant et plein d’émotion que nous offre Timothée de Fombelle. Sa portée pédagogique n’est pas négligeable non plus. Beaucoup de lecteurs passeraient à côté d’une formidable histoire s’ils pensaient ce roman réservé à la jeunesse. Montez à bord de La douce Amélie, mettez les voiles et vivez une aventure littéraire dont vous ne sortirez pas indemnes.

Note :

04

Auteur : Timothée de Fombelle
Illustrateur : François Place
Editeur : Gallimard jeunesse
Format : broché
Date de parution : 2 avril 2020
Genre / thématique(s) : aventure, historique
Tranche d’âge : à partir de 12 ans
Nombre de pages : 398
ISBN : 9782075139106

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