Moana, Tome 1 – Silène Edgar

Moana refuse de mener la vie que voudrait lui imposer son peuple. Dans un futur post-apocalyptique, le monde est en proie à un grand refroidissement et l’humanité est menacée de disparaître. La Polynésie où vit Moana n’échappe pas à cette règle : elle est recouverte de neige. Selon les règles édictées par son peuple, la jeune fille doit se marier et avoir des enfants au plus vite. Mais il est hors de question pour Moana de suivre ces règles qui ne lui conviennent pas. Une seule solution : fuir, pour vivre sa vie selon ses propres choix.

Vous qui espérez retrouver dans cette histoire un peu du caractère exotique et sauvage du long métrage Vaïana de Disney, passez votre chemin. Les rares similitudes entre les deux oeuvres sont le décor insulaire (mais celui-ci est froid et hostile) et le lien privilégié de Moana avec son aïeule (plus précisément son arrière-grand-mère). C’est tout. Pour le reste, Moana est une jeune fille parmi tant d’autres qui grandit comme elle le peut dans un monde ravagé par une ère glacière. C’est la génération de son arrière-grand-mère qui a vécu en premier ce cataclysme et c’est la vieille dame qui a choisi à l’époque de se réfugier en Polynésie. Le rôle des générations suivantes a été de repeupler la planète et c’est aujourd’hui ce qu’on demande à Moana. Quelle différence avec Disney, pas vrai !

Ce début de roman totalement dystopique prend son temps pour installer les choses, les décors, les atmosphères… Certains lecteurs reprocheront probablement un manque d’action, mais pour ma part, j’ai aimé ce parti pris; ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de grandes péripéties au démarrage qu’il ne se passe rien pour autant. On sent un danger latent, quelque chose qui menace les habitants dans l’ombre de leur insouciance… Pourquoi Moana et sa famille doivent-ils cacher l’existence de leur arrière-grand-mère ? Ou sont passées les autres personnes qui ont assisté au début de l’ère glacière ? Outre ces mystères, la condition des femmes réduite à un rôle reproducteur a de quoi révolter et donner matière à réfléchir.

« Alors Moana, me dit la mamie de mon amie Titaua, tu vas bientôt être une femme ! C’est une étape importante !
– Oui… Je ne sais pas trop…
– Comment ça tu ne sais pas ? Tu vas pouvoir te marier et avoir des enfants, c’est une belle chose ! Tu n’as pas l’air de te rendre compte du bonheur que c’est, me dit-elle sur un ton de reproche.
– Mais je ne suis pas pressée, moi !
– Comment ça, pas pressée ? On croirait entendre ta grand-mère.
– Mamie ne voulait pas se marier ? »

J’ai été nettement moins emballée par la suite de l’histoire, à partir du moment où Moana entame son voyage. La rupture dans le style d’écriture et la façon dont les péripéties sont narrées fut trop brutale pour moi : on tombe dans un style enfantin, qui survole énormément les événements, les personnalités des alliés rencontrés, etc. Cette deuxième moitié de roman manquait cruellement de profondeur et fut tout simplement décevante pour moi. C’est véritablement dommage car j’aurais été aimé être attendrie jusqu’au bout par les héroïnes et que d’autres personnages parviennent à m’émouvoir autant.

Pour résumer, la première partie du roman était prometteuse et annonçait une aventure originale écrite dans un style singulier. Malheureusement, le soufflé finit par retomber et la fin de l’aventure n’a pas suffit à me donner envie de poursuivre la saga.

Note :


Auteur : Silène Edgar
Editeur : Castelmore
Format : poche
Date de parution : 14 mars 2018
Genre / thématique(s) : dystopie
Nombre de pages : 280
Tranche d’âge : à partir de 12 ans
EAN : 9782362312403

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